mardi, 10 janvier 2012 17:31

Des chats et des hommes

Écrit par  Monique Rogier
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Où qu’il se trouve, ville ou campagne, le chat trouve « la solution » … Il est un roi de l’adaptation. On compte tout de même 500 millions de mistigris sur la planète, avec la complicité de l’homme qui participe à leur dissémination.
Longtemps, l’hypothèse admise fut celle d’une domestication par les Egyptiens (vers 2000 ans avant J.C.). Représenté sur les parois des tombes royales, le chat jouissait d’un statut privilégié. Animal sacré, momifié, il incarnait Bastet, la déesse de la chaleur « fécondante » entre autres.

Fin 2004, une découverte archéologique, à Chypre… Une équipe française, mettait au jour, à Shillourokambos, deux tombes où se trouvaient les restes d’un jeune chat, semblable à l’espèce sauvage vivant actuellement au Proche-Orient, enterré à une trentaine de centimètres d’un homme… son maître ? Les deux squelettes présentaient la même orientation. Or, le site chypriote date de l’époque néolithique, une époque bien antérieure à la civilisation égyptienne !

Au Proche-Orient, aux environs de 10.000 ans avant J.C., l’agriculture débutante a provoqué l’apparition de stocks de céréales. Cette concentration de nourriture a certainement entraîné une multiplication des souris aux abords et dans les villages. Le chat a sans doute été attiré par ces concentrations de rongeurs et s’est enhardi dans les villages. En colonisant cette niche nouvelle, le chat se serait auto-domestiqué, si tant est qu’il ait jamais été totalement domestiqué…

Une équipe de chercheurs a réussi à identifier de petites variations dans la séquence mitochondriale des chats domestiques. Sachant que cet ADN ne se transmet que par la mère, les chercheurs en ont déduit qu‘au moins cinq ancêtres femelles différentes seraient à l’origine de tous les chats domestiques actuels. Si la date exacte de la domestication du chat n’est toujours pas connue, on sait désormais que l’histoire humaine a croisé celle d’un chat sauvage au Proche-Orient, il y a au moins 9500 ans, peut-être davantage.

Et c’est bien cette faculté démographique et cette capacité à moduler ses comportements qui expliqueraient le reste, notamment la perte de son agressivité féline et son partenariat avec l’homme.

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