vendredi, 25 octobre 2013 16:40

Macha, le chat

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Écrit par Valérie Levert

Un jeu-histoire pour les enfants du Club, ou pour ceux qui ont gardé une âme d’enfant.

Premier épisode : où est passée Félicie ? MachaMacha était un chat, un chat beau. Il aimait le gris et le vert, aussi portait-il toujours un pantalon en belle flanelle grise et une chemise en cotonnade verte. Aux beaux jours il les assortissait d’une grande casquette, verte également (pour passer inaperçu dans les arbres et sur les gazons). Dès que l’automne approchait, il troquait sa casquette pour un feutre gris. Il avait donc toujours fière allure et tout le quartier l’admirait sans oser toutefois le lui avouer. Il habitait une maison, ma foi, très agréable ; elle se dressait, blanche et bleue derrière une barrière d’arbres hauts et sombres. Elle était vaste, mais bon, il aimait l’espace qui lui permettait d’inviter ses amis.
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Et les amis, il en avait. Enfin il en avait surtout une, une bonne amie. C’était Félicie, oui, Félicie la souris ! Vous me direz que les chats chassent les souris, qu’ils leur courent après, les font sauter avant de les assassiner sauvagement. Mais Macha aimait les souris, c’est-à-dire qu’il les aimait vraiment. Ce n’est pas leur suave goût de chair fraîche qu’il appréciait, non, c’était la douceur de leur pelage gris (gris souris paraît-il) qu’il aimait à effleurer de ses coussinets. Et puis les moustaches de Félicie étaient presque aussi longues que les siennes. Et son nez, son petit nez affûté et humide qui venait se presser sur le sien quand il lui ouvrait la porte, qu’il était mignon ce petit nez ! Bref, Macha et Félicie étaient les meilleurs amis du monde.

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Tout allait bien, Macha invitait chaque jour Félicie à prendre une petite tasse de thé Rushka (son préféré !). Félicie venait volontiers faire la causette, apportant le lait que Macha versait dans sa tasse (il trouvait le thé pur un peu trop amer, il aimait décidément la douceur). Parfois la belle Félicie amenait quelques sablés au citron et gingembre, pour pimenter ce bon moment.

Mais un jour Félicie fut en retard, pire, elle ne vint pas. Macha sortit faire le tour du quartier, questionnant chacun : « Avez-vous vu Félicie-la-souris-mon-amie ? Vous savez ? La plus jolie ! Celle qui passe tous les jours avec son bidon de lait et son paquet sous la patte ! Félicie-gris-souris ! »

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Personne ne l’avait vue. Ni le gros chien roux du coin de la rue, ni le perroquet si bavard du café du commerce, ni le petit Chihuahua de la coiffeuse, toujours si mal peigné malgré son petit nœud rose près de l’oreille. Macha sentait son cœur faire boum-boum-boum.

Qu’était-il arrivé à Félicie sa bonne amie ? Tout ceci n’était pas habituel. Macha se mit à courir. Il commençait à ne plus trop savoir où il était (ce n’était plus son territoire !). Des odeurs inquiétantes l’assaillaient. Quelques gros matous devaient être dans les parages. N’avait-il pas entendu parler par Carduel, le gros chien roux du coin de la rue, d’un terrible chasseur de souris, un certain Lucifer, nommé ainsi paraît-il car il ressemblait terriblement à l’horrible chat de Cendrillon... vous voyez le genre ?

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C’était lui qui régnait sur ce quartier dont Macha s’était toujours tenu éloigné... Ce n’était pas son style de chercher la bagarre ! Mais c’était bien Lucifer qui se dressait maintenant face à lui, imposant. Il avait semble-t-il des origines norvégiennes : gros, poilu, lourd... Le genre de gars peu recommandable avec sa veste écossaise salie aux coudes et son pantalon trop court qui laissait dépasser deux grandes pattes touffues sans chaussures. Un va-nu-pieds donc... Et puis cette casquette peu ragoûtante à l’indéfinissable couleur... Macha eut un haut-le-cœur : serait-il possible que sa douce Félicie ait été croquée par ce personnage si détestable ?

— Que viens-tu faire ici ? lui demanda avec une certaine rudesse le terrible matou. Que cherches-tu ? N’es-tu pas Macha le Chat du quartier des Capucines ?

— Oui, c’est bien moi, répondit Macha sans se démonter (il pensait à Félicie et cela raffermissait son courage). Je ne sais pas comment tu me connais mais si je suis ici c’est parce que je cherche mon amie, Félicie-gris-souris-la-plus-jolie-des-souris. Elle n’est pas venue aujourd’hui prendre le thé. Il lui est forcément arrivé quelque chose.

— Tu sais Macha, j’ai entendu parler de ta « superbe élégance » ; bon d’accord t’es pas mal mais je ne sais pas vraiment si je suis d’accord avec tout ce que j’ai entendu. Moi c’est pas mon truc, le gris, le vert. Il faudrait pas que tu restes ici trop longtemps... Si tu veux mon avis, ta petite souris, elle a filé avec un souriceau. Moi j’y suis pour rien en tous les cas. Même si je ne dis jamais non à un petit cuissot de souris. D’ailleurs, si je la voyais traîner par ici... »

Macha, malgré son amour des bonnes manières, ne dit même pas au revoir. Non mais quel goujat ce Lucifer ! Et puis mieux valait ne pas trop traîner dans ce coin truffé de chats peu recommandables. Alors, toujours plus inquiet, Macha reprit sa course. Mais où aller ?

Les dessins ont été réalisés par le fils de Virginie, Sylvain, 14 ans.

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Macha fin

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